Mille et une misères à Antananarivo
Les efforts d’Antananarivo pour reloger les sans-abri dans un seul endroit n’ont pas encore porté tous leurs fruits. Dans les rues, la grande pauvreté persiste.
Antananarivo se démène pour devenir une capitale moderne, mais la réalité est là. Les quartiers chics ne diffèrent guère des bas quartiers dans la mesure où ils partagent une même tendance : être envahie par les 4-mis. Partout où l’on va, ils arpentent les rues. Difficile d’échapper à leur demande d’aumône.
Malgré les efforts de la commune urbaine pour recaser ces sans-abri dans un lieu sûr, les 4-mis restent fidèles à leur poste : en train de collecter les ordures aux 67 ha, de dormir sur l’avenue de l’Indépendance ou de chercher de quoi assouvir leur faim dans les bennes à ordures.
« Pollueurs de l’environnement »
A Analakely, certains attendent un lendemain meilleur. « On nous oblige à plier bagages en nous traitant de pollueurs de l’environnement. Or, ce que les gens ne savent pas c’est qu’un nouvel endroit ne nous fera pas du bien, nous voulons juste quelque chose sur quoi nous appuyer », explique Emilienne, une sans-abri passant ses journées aux alentours de l’avenue de l’Indépendance. Elle est parmi ceux qui ont échappé aux agents de la police communale et évité le transfert.
Les enfants des rues sont devenus moins visibles sur les canaux des routes des hydrocarbures, ou d’ailleurs, en train de chercher des débris de charbon de bois pour cuire le repas.
Pourtant, ils sont encore nombreux à sucer chez eux le lait de la misère, dépourvus de leurs droits et obligés d’exercer une activité malgré leur bas âge.
Les sans-abri s’entassent à Anosizato où un centre d’accueil provisoire sera bientôt aménagé, pouvant héberger 120 personnes. « Les travaux sont en cours, mais en attendant la finition, des tentes sont dressées et accueillent déjà 291 personnes issues de 23 familles », constate le Dr Hajatiana Raharinandrasana, directrice du Bureau municipal de l’hygiène (BMH) à Isotry.
Toutes ces personnes ont été incitées par la commune urbaine à déménager à Anosizato. Les organisations non-gouvernementales et les associations caritatives les aident en ce sens. « En principe, ces familles doivent se libérer dans la journée, et le soir, elles peuvent rentrer pour dormir au centre », explique le médecin.
Extrait  L’Express de Madagascar – Edition n° 3832 du 17-10-2007