La Grande île célèbre ce jour la Journée mondiale de la Canne blanche. Mais cet outil demeure un luxe pour la majorité des aveugles et des malvoyants.

Honneur à la Canne blanche. Cette Journée est dédiée à la célébration de cet outil qui facilite le déplacement des aveugles ou des personnes malvoyantes.
Mais la date du 15 octobre sera un jour comme les autres pour ces personnes représentant 10% des personnes handicapées à Madagascar. «La plupart d’entre elles ne dispose pas de la canne blanche car son coût demeure trop élevé. Une canne blanche simple vaut près de Ar 30 000, le prix va jusqu’à Ar 100 000, pour la canne blanche pliante. Pourtant l’utilisation d’une simple canne n’est pas identifiable aux yeux des gens», souligne Ginette Tina Razafindrazaka, coordonnatrice de la Fédération des associations des aveugles de Madagascar à Antananarivo (Faam). Elle est devenue malvoyante suite à une attaque de malfaiteurs à son domicile.
Coût élevé des matériels
Les aveugles et les malvoyants sont dépourvus de leurs droits à cause du coût élevé des matériels qui leur sont spécifiques. «Une machine braille coûte, par exemple, jusqu’à Ar 3,4 millions tandis qu’une ardoise spéciale va jusqu’à 30 000 ariary», affirme-t-elle en précisant que la situation défavorise ce groupe devenu vulnérable.
L’initiative lui est venue d’ouvrir un centre d’initiation et de documentation pour les gens qui ont un problème oculaire. Ce centre dispose d’une bibliothèque et d’un sonothèque.
«Un article dans la convention internationale sur les droits des personnes handicapées mentionne l’existence des brailles et les prennent en compte. Ceci dit, l’Etat malgache doit aussi trouver des moyens pour permettre à ces personnes aveugles et malvoyantes de jouir de leurs droits», martèle toujours Ginette Tina Razafindrazaka.
Pour le moment, Madagascar ne compte pas d’école spéciale pour les aveugles avec des enseignants spécialistes en braille. L’école d’Antsirabe n’octroie qu’un enseignement allant jusqu’à la classe de 7e, à ce groupe de personnes.
Pour cette journée, la Faam compte marquer la célébration par un déjeuner, un moment à partager avec les membres de la presse malgache.

Extrait L’Express de Madagascar – Edition n° 3830 du 15-10-2007