Le tourisme est la mamelle de l’économie dans l’île de Nosy-be. Actuellement que le Pic entre en jeu pour le pousser. Il est toujours loisible de connaître la position des principaux intéressés, en l’occurrence les opérateurs du tourisme via la voix du directeur exécutif de l’Office régional du tourisme de l’île aux parfums, Michel Ramasy. Interview.

Comment se présente la géographie du tourisme à Nosy Be ?
Le tourisme à Nosy Be est au top de sa forme. Je prends en témoin la fréquence des avions atterrissant dans l’île. Elle monte à l’heure actuelle à deux touchers internationaux plus les vols quotidiens de la compagnie nationale Air Madagascar. Il faut y ajouter les touchers des croisières à travers les paquebots accostant dans l’île en cette saison 20007. IL arrive parfois que ces croisières passent leur week-end dans notre île.

Et la vie de l’institution dont vous présidez la destinée ?
Nous sommes actuellement une institution bien implantée dans le paysage économique de la sous région. Nous comptons près de 75 hôteliers et plus de 60 prestataires de services, sans compter les informels. Concernant cette dernière, ils sont plus de 150. Nos actions visent en particulier l’intégration des opérateurs touristiques qui se cachent encore derrière la voile de l’informel. Nos membres s’échelonnent entre le propriétaire de 3 à celui de 210 chambres.

Et la distribution de la clientèle visitant ?
A l’heure actuelle, ce sont les touristes italiens qui occupent le haut du pavé. Avec l’arrivée de 250 personnes par semaine, la clientèle italienne constitue le gros du contingent. Les efforts d’investissements de plusieurs opérateurs italiens dans le domaine, depuis quelques années, commencent à porter leurs fruits. Mais il s’agit aussi de l’écho de nos actions antérieures en direction du marché italien du tourisme via les foires de Milan et autres road shows touristiques en Italie.

Pour parler des italiens, il paraît que leur présence commence à soulever des vagues. Eclairez nos lanternes monsieur le directeur ?
A mon avis, il s’agit ni plus ni moins que d’une affaire d’affinités et d’habitude culturelle. D’ailleurs, à mon analyse strictement personnelle, la rapidité avec laquelle les petites vendeurs à la sauvette arrivent à maîtriser la langue de Dante milite fortement au bon voisinage entre Italiens et Nosybéens. De toutes les façons, le rythme de l’arrivée de nos touristes suit une courbe parfaitement quantifiable et prévisible tout au long de la saison. Si nos voisons Réunionnais nous visitent entre janvier et avril, ceux venant de l’Europe passent chez nous entre juin et décembre. De plus, la fréquence de plus en plus élevée de touristes sud-africains, la venue des Britanniques, Japonais voire des chinois est le signe que le secteur est en plein boom.

Qu’actuellement, le tourisme à Madagascar, en particulier à Nosy-be, ne doit plus vivre sous la règle de la basses saison en attendant la prochaine cargaison.

Quel est donc votre plan d’action pour y arriver définitivement ?
Nos opérations en concordance avec l’Office national tant au niveau régional, national qu’international sont maintenues. Et en plus, nous envisageons de renforcer nos liens avec nos réseaux actuels de foire tout en visant une extension vers la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la lointaine Chine. La Chine qui se présente actuellement comme un potentiel touristique immense avec ses 150 millions de touristes haute de gamme. Même une proportion de 100.000 de cette manne chinoise nous satisfera au plus haut point.

Et que dire de l’insécurité et des agacements nés du délestage sévissant dans l’île à l’heure actuelle ?
A propos de l’insécurité, je peux vous dire que des efforts louables et efficaces ont été menés. Ne serait-ce que l’installation du détachement marin dans le port de Hellville. Seul reste e cas du délestage. Et ce n’est même plus du simple délestage mais du manque chronique de puissance privant de larges pans des quartiers de la ville dans le noir ou en manque de courant sur une période pouvant dépasser la journée. C’est autant de charge qui tombe sur les épaules des opérateurs. C’est également une mauvaise image reflétée vers l’extérieur par les touristes touchant terre à Nosy-Be. Ceux-ci ne maquent pas de faire échos des nuisances causées par le fameux délestage durant leur séjours chez nous. Et l’effet a tout en loisir de faire boule de neige pour écorner l’image de marque du tourisme de nature à 5 étoiles de Madagascar.

Mis à part ces points noirs risquant de bloquer la marche en avant du tourisme nosybéen. Commente se présentent les perspectives du tourisme dans l’île ?
Je peux vous affirmer que les nuages s’estompent peu à peu. Rappelons-nous seulement que la compagnie aérienne Corsairfly prévoit d’ouvrir sa première ligne sur Nosy-Be dès fin octobre 2007. A cela s’ajoutent les fréquences bihebdomadaires de Blue Panorama et d’Air Italia. Cette évolution coïncide parfaitement avec notre objectif de faire participer les communautés locales au développement du tourisme. Elles sont doublement gagnantes car non seulement elles se font de l’argent mais aussi contribuent à la protection de l’environnement. Il ne faut pas oublier, en effet, et j’insiste, que notre principale richesse est notre nature à 5 étoiles.

Ainsi, face au nombre croissant d’opérateurs investissant dans l’extension de leurs activités, il faut avoir à l’oeil sur le volet protection de notre environnement. Ce qu’il faut éviter avant toute chose est la saturation touristique comme dans d’autres parties du monde. Il nous faut savoir gérer notre développement. Telle est peut-être la menace du tourisme sexuel ou de drogues dures, je pense.

Enfin que l’objectif de 75.000 visiteurs en 2008 contre 52.315 en 2006 ne soit pas un cauchemar. Cette présence de plus en plus conséquent doit être contrebalancée par la venue de touristes nationaux qui sont en train de venir, même très timidement.

Extrait Le Quotidien de Madagascar – 17 septembre 2007