La malgachisation est-elle au rythme du néologisme mondial ?

Depuis des années, on a procédé à la malgachisation qui s’est toujours terminé par un echec. Et l’on se demande si on a encore le courage de poursuivre cette action qui n’aboutit à rien. La manière dont on définit les mots en malgache n’est jamais remise en question. La langue malgache va -t-elle survivre ?
    “Andrianiko ny teniko, ny an’ny hafa koa feheziko”! Littéralement, je suis fier de ma langue et je maîtrise parfaitement celle des autres.
    Si l’on se réfère à l’évolution de la langue dans le monde, on constate que la langue malgache est encore loin d’être à jour car plusieurs termes restent inutilisable.
Un mot, une définition ?
    Souvent, on a tendance à donner une définition aux nouveaux mots sans prendre en compte de la signification du terme. On veut garder l’originalité du mot malgache alors que le synonyme est loin d’être employé dans le quotidien. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle l’argot se parlent facilement car il s’avère difficile pour tout un chacun, surtout pour les jeunes, de faire appel à ces « mots académiques ». Ces derniers se sentent même ridicule en utilisant ces termes. Déjà, la sensibilisation de la population pour l’utilisation de la langue malgache est loin d’être fortuite mais on cherche encore à rendre plus difficile l’appréhension de ces paradigmes.
Un outil de développement ?
    Sans vouloir être trop critique, l’on se demande si on est encore à l’heure de la valorisation de notre langue. On se laisse plutôt berner par le charme de la langue malgache sans prendre en compte de l’évolution et de l’effort qu’on doit fournir pour suivre le rythme du Tiers Monde. On ne cesse de prôner la richesse de la langue malgache mais celle-ci n’est jamais utilisée, comment va-t-on pouvoir s’aligner à la mondialisation ? Une question qui reste sans réponse jusqu’à ce qu’on procède d’une autre manière à la « malgachisation ».
    A moins qu’on ne veuille arriver au même stade que la dalmate, une langue romaine ancienne qui s’est vu anéantie en 1937. Après plusieurs années d’existence, cette langue n’a plus été utilisée.

Extrait Madagascar Tribune – N° 5643 : Mercredi 29 Août 2007