Bien droit, le regard profond, son éternel chapeau vissé sur la tête, Dadagaby observe attentivement les préparations de sa troupe « Voninavoko ».

Qualifié de figure emblématique de la musique malgache, Dadagaby est aujourd’hui un des « trésors humains vivants » de l’UNESCO. Une distinction amplement méritée et qui démontre la reconnaissance de la culture malgache. « Il maîtrise les valeurs de la culture malgache et a su les mettre en valeur au cours de  toutes   ces années », s’accordent à dire, Charles Maurin Pôty et Razafimamdimby Anselme.

Un vakodrazana resté intact
Aujourd’hui, avec ses 72 printemps, Dadagaby peut s’estimer fier de son parcours. « Efa ela nandihizana aho ka vizana », blague le danseur-chorégraphe et compositeur. Autant de casquettes qui prouvent l’enthousiasme et le talent de ce dernier. « J’ai commencé tout petit. Puis, j’ai intégré la troupe de Ravolana Fenomanana. En 1964, j’ai composé une chanson qui nous a permis de gagner durant les podiums de l’époque », raconte Dadagaby, avant de continuer, « Puis, j’ai voulu diriger une troupe de ballet. Finalement, j’ai dû me contenter de diriger Voninavoko. Mais j’ai quand même pu réaliser mon rêve avec cette dernière. » 
Une troupe qu’il fonda en 1970 et qui, depuis sa création, a fait le bonheur d’un public tous azimuts. Porte-fanion du vakodrazana, ses voyages l’ont emmené partout dans le monde, du Canada en Lybie en passant par le Nigeria. Et c’est cette valeur qu’il continue à défendre avec la 6ème génération de « Voninavoko ». « Les gens connaissent ce qu’est le vrai vakodrazana.

Ce n’est pas une musique métissée avec du soukouss ou de la musique sud-africaine. Il faut que notre musique reste intacte pour qu’elle puisse garder sa vraie valeur. De plus, le vakodrazana ne met pas en scène des déshabillés, il reste couvert. Les nombrils en l’air ne font pas partie de cette culture », prône Dadagaby avec ferveur. Il suffit de voir la troupe « Voninavoko » pour le comprendre. 

Extrait Midi Madagasikara – 19-07-2007