La culture est-elle un blocage au développement ?

A part les faunes et flores qui font de Madagascar une destination touristique incontestable, il y a surtout cette originalité d’avoir 18 ethnies composant sa population. Une richesse dont seule la grande île peut en être fière.
    A chaque région ses us et coutumes
    Mais un problème se pose actuellement. C’est surtout au niveau de la compréhension de ses « cultures». Aucun écrit n’est disponible pour prouver leur véracité jusqu’à l’heure actuelle. C’est normal si la plupart des gens ne savent pas et ne comprennent pas du tout la valeur de cette « richesse nationale ».
    « Il est interdit de faire ses besoins près de ces sites sacrées ! ».
    Des écriteaux ou des consignes qu’on voit et qu’on entend presque dans plusieurs villes de Madagascar dès qu’on y met les pieds. 
 D’abord, il y a ses « fady » et « fomba », ou « manières » qui sont presque identiques pour chaque région de l’île. La grande question qui se pose est la suivante : d’où viennent-ils ? Des procédures que les gens respectent tant et qui restent une vraie balise dans leur vie quotidienne.
    Dans la plupart des cas, on fait face à des « rumeurs », voire à des messages qui se sont transmis de bouche à oreille et pris en compte par les générations qui se succèdent. Une situation qui est prouvé par le fait que même la nouvelle génération ne connaît pas la source de ces « fady », ce qui ne les empêche pas de rester très vigilant quant à sa valeur.
    A part cette source, il y a également la signification qui est souvent tiré à partir d’une histoire ou d’un fait qui s’est passé sur le lieu. « Il ne faut pas manger de porc avant d’aller en mer car l’océan n’aime pas le porc ». Et soudain, quand l’accident arrive, on ne peut qu’affirmer l’existence de ces interdictions alors que la personne n’a été au courant de rien.
    Des faits qui constituent des éléments et donnent plus d’ampleur à la valeur culturelle ou cultuelle, comme on veut.
    Tout ça pour dire que c’est normal si la plupart des gens ne comprennent pas ce que c’est, cette valeur de l’identité. Alors que c’est un élément majeur quand on parle de « culture », « patrimoine » ou encore « nation ».
    Tout est encore flou. Déjà, l’origine de la population malgache reste encore jusqu’alors un problématique qui n’est jamais au centre de discussion. A quoi bon chercher à protéger son identité si on ne connaît même pas son origine ? Quid de la population ?
A la recherche des « perdus »
    Dans la littérature malgache, les écrivains ont distingué plusieurs périodes tels « miforitra anaty », littéralement, « rester couver », ou encore « mitady ny very », qui est à la recherche des « perdus ».
    Jusqu’à maintenant, si l’on se réfère à ces différentes périodes, on se croraît encore à la recherche de quelque chose. Mais on se pose la question, « qu’est -ce qui est perdu ?».
    Seuls quelques ouvrages font l’objet d’un récit concernant la réalité de l’histoire de Madagascar à partir duquel on peut tirer quelques dates ainsi que des lieux historiques. Le pire, ces ouvrages sont écrits par des étrangers. Peut-être que ces étrangers connaissent mieux que nous ? Sinon, il y a les cours qu’on dispense à l’école (s’il en existe ?) mais aucun débat ouvert pour tout public n’a jamais été organisé afin de sensibiliser la population à voir de près leur identité ou de faire connaissance avec elle même. Ces derniers temps, on a eu un petit espoir de changement avec la tenue de plusieurs festivals ici et là.
    Une occasion d’entrer dans les détails concernant les régions mais on s’est déjà posé la question si ces manifestations ne sont juste que pour des fins pécuniaires. Sans parler de l’occasion qui se présente pour « vendre des fesses ». Car actuellement, Madagascar rime bien avec « sexes ». Quand on fait la promotion de Madagascar à l’étranger, on expose bien ses images de « corps bien formés ».
    Dans les clips, n’en parlons plus, on ne voit que ça. Alors que tous ces produits sont vendus à l’extérieur et reflètent l’image de la grande île.
    En tout, c’est normal si on dit que la culture est un blocage pour le développement car on ne sait même pas ce que c’est la culture et quand doit-on être fier de sa culture. Qu’est -ce qu’il y a à garder et à protéger ?
    L’histoire ne se transmet que par l’orale. Aucun repère pour la génération future. Aujoud’hui – même, il n’y a pas un ministère de la culture. A quoi bon !

Extrait Madagascar Tribune – N° 5602 : Mardi 10 Juillet 2007