Le pays change son fusil d’épaule et mène un autre combat

29 mars 1947 – 29 mars 2007. Il y a soixante ans, des pères, mères, jeunes, adolescents, étaient allés délivrer leur pays de la plus infamante des dominations : la Colonisation. Rien qu’avec des armes blanches (sagaies et coupe-coupe) ils avaient attaqué des colons vazaha armés jusqu’aux dents, ainsi que des casernes militaires gardées par des batteries de mitrailleuses. La puissance de feux inégale avait donné comme résultat : des milliers de morts, et le nationalisme malagasy décapité, victime de son isolement et de l’hésitation de certains meneurs devant les  volte-faces d’un pouvoir colonial déjà aux abois de l’histoire. Il savait que le retour de l’Indépendance était inéluctable et, pour cette raison, il l’a  passée aux moins revendicatifs des Malagasy : ceux issus du rang du Padesm qui, au départ, n’en voulaient point.
Madagascar vivra pendant 42 ans sous les régimes des personnes issues de ce parti pro-colonial, avec, comme conséquence, la paupérisation de la Nation et l’installation d’un sous-développement chronique. Finalement, la Nation profita de l’émergence, sur la scène politique, de Marc Ravalomanana, un capitaine d’industrie, pour se débarrasser définitivement  de cette “dynastie” d’hommes politiques qui l’ ont mise dans la misère, excepté peut-être le Président Philibert Tsiranana qui a su mettre en oeuvre une politique de développement.
Changement de comportement
Le Président Ravalomanana et son administration  ont su rallier à leur cause l’ensemble de la Nation en lui assignant un nouveau défi, celui du redressement économique national. “Nous sommes arrivés au moment où nous développerons vite notre Nation dans la solidarité et la fierté nationale. Osez et agissez”, a-t-il appelé durant la célébration du 29 mars l’année dernière dans la ville martyr  de Moramanga. C’est à cette occasion, et cela n’est pas dû au hasard, qu’il annonça officiellement le lancement du “Madagascar Action Plan (Map) : le Map est le plan pour développer Madagascar dans un laps de temps assez court, avec des objectifs bien précis”, a continué le Président de la République. Pour lui, le vrai patriotisme à notre époque est de montrer au monde entier que les Malagasy sont capables de sortir rapidement de la pauvreté grâce à leurs efforts. Et, pour cela, un changement de comportement s’impose.
En effet, le Président Ravalomanana a fait sien le slogan “osez” (sahia) afin de dire à ses concitoyens que seul l’effort et l’esprit de sacrifice sont payants si l’on veut sortir notre pays de l’ornière de la pauvreté. Et que rien ne peut se faire sans la foi, dans ce que l’on entreprend mais aussi avec la protection du Très Haut.

Extrait Le Quotidien – Le Mercredi 28 mars 2007     Journal N°1054