L’eau potable, source de développement

L’eau, la vie ! Près de 2,2 millions de personnes meurent chaque année de maladies parce qu’elles n’ont pas accès à l’eau potable. La situation est très menaçante, car elle se traduit selon les données officielles, par le décès d’un enfant toutes les 15 secondes.
    Soit ! l’accès à l’eau potable va de soi pour certains d’entre nous, mais il n’en est pas de même pour les deux milliards d’âmes qui n’ont pas accès à un assainissement de base. Le cas le plus alarmant se rencontre surtout dans les pays en voie de développement, femmes et enfants doivent parcourir chaque jour des kilomètres pour chercher de l’eau dans les sources souvent polluées et impropres à la consommation. Seulement, ils n’ont pas le choix.
L’insuffisance en eau potable, entrave au développement
    Sans eau potable et sans système d’assainissement adéquat, la population ne peut pas échapper au cercle vicieux de la pauvreté et des maladies. Le manque d’eau potable implique une mauvaise hygiène de vie qui favorise les maladies (choléra, pestes, maladies infectieuses…). À leur tour, ces maladies entraînent l’incapacité au travail, aux études, des pertes financières, des pertes de temps. Elles contribuent ainsi à la détérioration de l’économie favorisant l’extension de la pauvreté qui s’enracine dans la vie quotidienne de la population. L’impact de cette situation sur la population et sur le pays toute entier est plus que lamentable.
    Quid de Madagascar ?
    La Grande île n’échappe pas à ce phénomène, si on se réfère aux chiffres publiés par le ministère de la Santé et du Planning Familial. De 1999 à 2001, 35 000 cas de choléra ont provoqué 2300 décès ; 2,5 millions de personnes touchées par la bilharziose ont été enregistrées. 60% des enfants de l’EPP de la capitale ont déserté l’école à cause des fièvres et autres maladies, ce qui explique en partie les échecs scolaires.
    Pourtant, les efforts pour redresser cette situation sont plutôt timides. Même le volume de financement prévus pour ce plan de redressement est encore très faible par rapport à celui accordé aux autres secteurs sociaux. Si l’assainissement et la gestion de l’eau s’améliorent dans la Grande île, ce serait en accomplissant des perfectionnements notables dans le domaine de l’environnement en particulier des nappes d’eau douce.
    Les bénéfices à tirer que ce soit sur le plan scolaire, sociale et économique sont nombreux. Des dizaines de milliers de décès pourraient être évités chaque année, et le taux de mortalité infantino-juvénile réduits. Nulle autre intervention ne pourrait faire autant pour alléger la pauvreté à Madagascar, d’autant plus que le gouvernement malgache a manifesté à maintes reprises son engagement à entreprendre des actions concrètes pour réduire de moitié la pauvreté, et d’améliorer les conditions de vie des couches les plus pauvres. Tout ceci entre dans le cadre des Objectif du Millénaire pour le Développement.

Extrait Madagascar Tribune – N° 5519 : Samedi 24 Mars 2007