La ville d’Ambanja paie de lourds tributs après le passage du cyclone Indlala. 15 personnes ont été tuées, emportées par les eaux. La ville est détruite à 95% et les prix des marchandises flambent.

Ambanja compte le plus grand nombre de victimes du cyclone Indlala. Outre les pertes en vie humaine, on a recensé 20 814 sinistrés dans le district d’Ambanja et une ville meurtrie.

Les pertes humaines résultant du passage d’Indlala sont énormes à Ambanja. Ce district de la région Diana compte le plus grand nombre de victimes avec quinze décès officiellement déclarés.
"Dix personnes décédées sur 15 résident à Migoka, un fokontany de la commune rurale d’Ambohimarina. Trois sont issues de la commune rurale d’Ankataka et deux de celle de Bemanevika sur la plaine de Sambirano", avance Eddie Jean Tongazara, chef du district d’Ambanja.
"Surprises par la crue soudaine des rivières Sambirano et Andampy, à l’intérieur ou à l’extérieur de leur demeure, ces personnes n’ont pu échapper et ont succombé", ajoute le chef de district. "C’est le cas d’une femme âgée résidant à Migoka, qui a été emportée par les eaux avec cinq de ses boeufs. Son corps a été retrouvé à 2 km de sa maison", note Norosoa Sergine, voisine de la défunte.
Sept communes sur les 23 formant le district d’Andapa sont les plus meurtries par Indlala. D’après le chef de district, Ambanja compte à lui seul 20 814 sinistrés. Le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) évalue les dégâts matériels d’Ambanja à 95%.
"A Migoka, l’ensemble du quartier, avec une église protestante, a été emporté par la rivière d’Andampy. Une école bâtie par le Fonds d’intervention pour le développement (Fid) à Ambohimarina a aussi été balayée par la rivière d’Ambahatra", fait savoir Jacky Roland Randimbiarison, secrétaire exécutif du BNGRC.
Flambée des prix
Au lendemain du passage du cyclone Indlala, une flambée des prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité a été constatée sur les principaux marchés d’Ambanja, ainsi que ceux des zones les plus affectées. Les vivres se raréfient également.
Pour Ambanja, le kapoaka du riz ( le contenu d’une boîte de lait concentré) a dépassé la barre des Ar 1 000. "Dans ce cadre, le kilo est vendu à Ar 3 500. Ce n’est plus à la portée de nos bourses", se lamente une mère de famille habitant le fokontany d’Ambohimarina.
"Pis, cet aliment de base et d’autres produits de première nécessité (PPN) comme le sucre, le pain ou encore l’huile… commencent à se faire rares sur le marché", s’affole-t-elle. Et cette dernière d’interpeller le pouvoir central pour venir en aide aux habitants d’Ambanja. "La plupart des champs cultivables sont immergés. Du coup, il n’y a rien à attendre de la production agricole. A ce rythme, une crise alimentaire n’est pas à écarter dans les semaines à venir", craint-elle.
Les districts de Fenoarivo Atsinanana et Soanierana Ivongo dans la région d’Analanjirofo sont aussi confrontés au même problème. "L’inflation a commencé au mois de janvier, plus précisément lorsque le pont flottant d’Antanambao Anosibe est tombé en ruine. Le passage du cyclone Indlala n’a fait qu’empirer la situation", raconte Harizo Andriamiandra, habitant de Fenoarivo Atsinanana.
Dans la région Sofia, la dégradation des routes et
la défectuosité des ouvrages d’art ont aussi engendré une hausse des prix du riz et des légumes.

Une vingtaine de personnes disparues
Les derniers bilans du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) et de la gendarmerie nationale font état d’une vingtaine de disparus sur le territoire national.
Le BNGRC en a recensé deux dans la région d’Analanjirofo. Pour sa part, la gendarmerie nationale en a relevé 16 dont 13 dans la commune rurale d’Andrimbavontsiny à Analalava, et trois autres à Antsohihy.
Concernant les cas de décès, le BNGRC en a répertorié trois dans le district de Vangaindrano, région d’Atsimo Atsinanana. A cela s’ajoutent les deux autres signalés dans le district d’Antalaha, vendredi dernier. La gendarmerie nationale, quant à elle, en a aussi constaté six à Analalava.
Le nombre de cases endommagées s’élève à 344, dont des bâtiments administratifs, des écoles et des églises.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3660 du 20-03-2007