La ville de Maroantsetra a été durement frappée par le cyclone Indlala. Elle est détruite à 90% selon un bilan officiel. Complètement inondée, Maroantsetra est en plus isolée du monde, n’ayant aucun moyen de communication. Les opérations de secours des sinistrés sont ainsi difficiles.

La ville de Maroantsetra a été frappée de plein fouet par le cyclone Indlala. Les premiers bilans indiquent qu’elle est détruite à 90%. Elle est aujourd’hui enclavée, même l’aérodrome est inondé.

Indlala laisse un triste souvenir à la Grande île. Le bilan provisoire établi par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) ne cesse de s’alourdir. Cinq jours après le passage du cyclone, les pertes en vies humaines et les dégâts matériels sont énormes.
Pour Jacky Roland Randimbiarison, Maroantsetra, comptant près de 300 sinistrés, est encore plus touchée qu’Antalaha. "Vu d’en haut, on n’aperçoit que les toitures des maisons qui ont résisté aux vents. Les champs de culture sont inondés à 90% et plusieurs routes immergées. Par ailleurs, le pont reliant Maroantsetra à Andranomangozy est coupé", déclare-t-il, après avoir visité les zones touchées.
L’électricité et les moyens de communication sur place ne sont plus opérationnels depuis jeudi. Cette situation fait peur tant aux opérateurs touristiques qu’à la population locale, notamment à l’approche des vacances de Pâques.
Lourds dégâts matériels
"Complètement inondée à l’heure actuelle, Maroantsetra se retrouve enclavée et coupée du monde. Ceci dit, le tronçon de la RN 5 la reliant à Soanierana Ivongo est difficillement accessible, alors que l’aérodrome est inondé et le tour de contrôle détruit", se lamente Belaza, un opérateur touristique de Maroantsetra.
En revanche, Jeannot Randrianaivoarivony, député d’Antalaha affirme que sa circonscription s’avère la plus anéantie. "Indlala a laissé une scène de désolation dans la ville d’Antalaha qui compte à elle seule plus de 1 000 sinistrés. Bâtiments administratifs construits en bord de mer, habitations et champs de vanille sont en ruines. Les dégâts matériels sont estimés à 90%", se désole-t-il.
A l’heure actuelle, les troncs d’arbres et les cocotiers jonchent les chaussées de la ville. Seule la route reliant Antalaha à Sambava reste opérationnelle. Du coup, le prix du riz flambe : Ar 600 le kapoaka (le contenu d’une boîte de lait concentré). Pis, les réseaux de communication et de distribution d’eau et d’électricité sont tombés en panne. "L’approvisionnement en électricité ne sera pas rétabli avant 15 jours", expliquent les agents de la Jirama à Antalaha.
"Jusqu’à dimanche à 17 heures, nous avons recensé deux décès, deux personnes emportées par les eaux, et deux autres blessées sur le territoire national. Le nombre des sinistrés frôle la barre des 5 000. Très exactement 4 999", fait savoir Jacky Roland Randimbiarison, secrétaire exécutif du BNGRC.
Les deux personnes décédées sont issues d’Antalaha de la région de la Sava. Jusqu’à hier introuvables, les deux autres disparus habitaient à Maroantsetra.
Concernant les dégâts matériels, le dernier bilan fait état de 344 cases ravagées par les rafales de vents et 12 maisons inondées dans tout Madagascar. Parmi ces constructions détruites figurent 63 bâtiments administratifs.
2 000 ha de rizières ensablées
En outre, 2 000 hectares de rizières réparties dans les régions de Sava, Diana, Analanjirofo et Sofia sont complètement ensablées. "Avec cet ensablement qui s’ajoute aux dégâts laissés par les cyclones ayant sévi dans le pays en début d’année, une crise alimentaire n’est pas à écarter", craint Bezara, un paysan d’Andapa.
Dans le district de Mananara Avaratra, le courant a été assez fort. Résultat: un bateau de 50 tonnes a sombré au large des côtes de Mananara Avaratra et son épave est introuvable. Deux motos et un véhicule 4×4 garés au bord de la mer ont aussi disparu.
Bien que les villes des régions de Sava, Atsinanana et Analanjirofo semblent les plus touchées, plusieurs districts de la Diana et de la Sofia n’ont pas été épargnés par Indlala. A l’heure actuelle, Ambanja, dans la Diana, reste sous la menace d’une inondation. De leur côté, Antsohihy, Port-Bergé ou encore Mampikony paient un lourd tribut à la dégradation de la route et des ouvrages d’art comme les ponts.
Dans la région de la Sofia, deux ponts de la RN 6, situés entre Port-Bergé et Antsohihy, sont coupés. Indlala a détruit plusieurs ouvrages d’art sur cette Nationale. Au Sud, le tronçon reliant Ambalafamidy à Tsarahasina est coupé suite à la crue d’une rivière.

40 tonnes de matériels pour Antalaha et Maroantsetra
Les premières aides arrivent dans les zones frappées par Indlala. C’est dans cette optique que la Croix-Rouge Malgache (CRM) a acheminé 40 tonnes de matériels de secours et de vivres à Antalaha et Maroantsetra.
Valant quelque 147 000 euros, ces matériels sont le fruit de la coopération entre la Croix-Rouge française et la Plate-forme d’intervention régionale pour l’océan Indien. "Le bateau Jeanne d’Arc appartennant à la marine française se charge du tranport des matériels destinés à Antalaha. La part de Maroantsetra sera acheminée par avion Transal", avance Claude Rakotondranja, président de la CRM.
Les critères de vulnérabilité sont requis pour bénéficier de la contribution de la Croix-Rouge. "Nous privilégions les familles ayant des enfants en bas âge, des personnes âgées et des femmes enceintes", note son président.
Purificateurs d’eau, vivres et médicaments comptent parmi les premiers besoins des deux zones.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3659 du 19-03-2007