Le cyclone “Indlala” est entré à Antalaha hier. Il a enchaîné sur Maroantsetra et se dirige vers le centre du pays. Il emmène des rafales de vent de 165 km/h. Les dégâts sont déjà importants. L’électricité est coupée à Antalaha et Maroantsetra.

Outre la coupure d’électricité, les risques d’inondation refont de nouveau surface dans le littoral Est avec le passage d’Indlala.

Indlala malmène le littoral Est de la Grande île. Certaines villes des régions de la Sava et Antsiranana sont privées d’électricité et sont sans moyen de communication depuis mercredi. D’autres font face à un risque d’inondation.
“Antalaha et de Maroantsetra ne disposent plus d’électricité et sont coupés du monde, car injoignables par téléphone à cause des fils coupés ou des poteaux arrachés du sol par les vents violents”, fait savoir Jacky Roland Randimbiarison, secrétaire exécutif du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNRGC).
Dans la région Sava, Sambava est dans le noir depuis mercredi soir. Ses habitants sont privés d’eau. “La Jirama a dû abattre trois poteaux en bois supportant des fils à haute tension pour la préservation de la sécurité publique”, explique Edouard Andrianzalinaivo, chef du district de Sambava.
Malmenées par le vent, ces infrastructures étaient sur le point de s’effondrer. La direction régionale de la Jirama a procédé à l’installation des poteaux en béton depuis hier. Malgré tout, l’eau et l’électricité n’ont pas encore été rétablies.
Risque d’inondation
Le district d’Ambanja fait face à un risque d’inondation suite aux fortes précipitations. “La rivière de Sambirano est en crue. Elle risque de sortir de son lit si la pluie continue. Cette situation a astreint les riverains de la rivière à déménager”, confie André Totozandry, un habitant d’Ambanja.
Pour le moment, les statistiques officielles ne sont pas encore disponibles. Le bilan provisoire du BNRGC fait état de plusieurs cases en “falafa”, en tôles et en dur privées de toit ou effondrées, à Antalaha. Il en est de même pour Maroantsetra qui compte déjà des sinistrés.
Pour Sainte-Marie, Antsiranana et Andapa, les rafales et les pluies diluviennes inquiètent. "Les cases typiques de Sainte-Marie, si chères aux photographes touristiques, ont frémi depuis mercredi alors que le centre du cyclone était localisé à 150 km au Nord Est d’Antalaha, tellement le vent était violent”, raconte Geneviève S, une touriste actuellement en vacances à Sainte-Marie.
Les cours sont temporairement suspendus dans toutes les écoles de la Circonscription scolaire (Cisco) de Soanierana Ivongo à 350 km de Toamasina. “Cette mesure a été prise pour la sécurité des enfants et du personnel enseignant. Les cours reprendront dès que le temps s’améliorera”, affirme Samuel Emmanuël, chef Cisco de Soanierana Ivongo.
Selon ce chef Cisco, actuellement bloqué à Toamasina, des rafales de vent accompagnées de pluies torrentielles ont marqué le temps à Soanierana Ivongo, depuis mercredi.
La plupart des habitants du littoral Est affirment avoir l’habitude de faire face aux cyclones. Néanmoins, la réhabilitation des dégâts semble beaucoup les inquiéter. “Les coûts de la reconstructrion nous inquiètent. D’autant que nous ne pouvons pas pêcher, alors que les rentrées d’argent sont maigres à cause de la basse saison touristique”, se lamente Germain, pêcheur et guide touristique à l’île de Sainte-Marie.

Avis d’alerte toujours en vigueur
La côte Est n’est pas encore sortie de l’auberge. Hier à 16 heures, la forte tempête tropicale Indlala était restée quasi-stationnaire dans la ville de Maroantsetra. Le bulletin de la météorologie indique qu’elle continue à s’affaiblir.
Malgré tout, les pluies abondantes et les vents forts persistent encore au niveau des zones proches de son centre. Ainsi, les avis d’avertissement, de menace et de danger imminent lancés à l’encontre de plusieurs districts de la Grande île restent toujours en vigueur. Les pêcheurs des côtes ne doivent pas sortir en mer. Les vagues seront déferlantes entre Vatomandry et Analalava.
Le danger est imminent dans les districts de Sambava, Antalaha, Andapa, Maroantsetra, Mananara Avaratra, Soanierana Ivongo et Sainte-Marie.
Les districts de Nosy Be, Ambanja, Ambilobe, Analalava, Antsohihy, Port-Bergé, Mampikony, Tsaratanana, Anjozorobe, Ambohidratrimo, Manjakandriana, Antananarivo, Andramasina et Anosibe An’Ala ont reçu un avis d’avertissement.
De leur côté, Antsiranana I et II, Vohémar, Vavatenina, Fénérive-Est, Toamasina I et II, Bealanana, Befandriana, Mandritsara, Andilamena, Amparafaravola, Ambatondrazaka, Moramanga, Brickaville et Vatomandry ont fait l’objet d’un avis de menace.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3657 du 16-03-2007