Questions à… José Andrianjanaka
Le directeur commercial de la SFOI parle du projet écologique sur le sac en plastique.
Comment les plasturgistes, ceux liés à la transformation des matières plastiques, accueillent-ils la menace de dégradation de l’environnement ?
– Dans notre approche, nous ne sommes pas du tout indifférents à l’écologie. Sans attendre les contraintes ou la réglementation afférente, nous avons déjà élaboré des solutions avec notre partenaire, MCP de La Réunion, dans la mise en place du clean plast, une nouvelle résine biodégradable. La chaîne de supermarchés Cora a été séduite par ce projet, bien qu’il coûte cher et demande plus d’investissements. Nous nous réjouissons de la préservation de l’environnement et nous avons la volonté d’aller de l’avant.

Comment comptez-vous lancer ce projet à long terme ?
– Notre démarche prévoit toujours des produits conformes aux désirs des clients. Cela passe par les matières plastiques à usage long terme et plus adaptées à la demande. Nous fabriquons d’ autres produits à usage plus restreint, selon les besoins ponctuels.

Cette démarche implique aussi les clients…
– Nous attendons beaucoup des clients pour qu’ils soient prêts à certains changements, en particulier dans les habitudes et les mentalités. Nous ne pouvons pas proposer des produits biodégradables dans l’immédiat, tant que les clients ne nous accompagnent pas dans la démarche. Cela va faire baisser notre chiffre d’affaires. La SFOI offrira des produits à des prix abordables. En tout cas, certains connaîtront des changements, en premier lieu le sachet en plastique.

Que comptez-vous faire au sujet de la nuisance des matières plastiques ?
– Dire que les matières plastiques sont toxiques, c’est faux. Car elles ne portent pas à conséquence néfaste au contact avec les aliments. Le produit en lui-même n’est pas toxique. On parle plutôt de pollution et non de toxicité, ni de radioactivité ni même de pollution visuelle. Par contre, il existe bel et bien une pollution mécanique. Ainsi, nous comptons fabriquer des produits qui se dégradent plus vite, tout en n’affectant pas leur résistance.

Les produits coûteront-ils plus cher dans ce cas ?
– Il est exact que nous faisons face, à terme, à des contraintes. Mais, nous avons la volonté d’intégrer des produits avec des composantes végétales, pour que leur vitesse de destruction soit plus rapide. Mais cela implique un investissement énorme, le coût risquant d’être élevé. Nous devons aussi tenir compte de la concurrence.

La prolifération des sacs en plastique choque aussi la vue…
– Le sac en plastique est devenu la partie choquante des objets faits dans cette matière, alors qu’il représente seulement un demi millième des produits en plastique. Cela a une valeur de symbole. On affirme même que le plastique est cancérigène. Mais il faut savoir que c’est un produit adapté aux pays en voie de développement.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3637 du 21-02-2007