L’hiver malgache, il faut le dire, Est le plus doux, le plus charmant,

Lui seul, il garde à tout moment, Dans la tristesse ou le délire,

Son éternel petit sourire.

Chez nous, l’hiver n’est pas morose : Un peu de de brise et de frisson,

Un peu de danse et de chanson, Et même encore un peu de rose …

Chez nous, l’hiver n’est pas morose.

Chez nous, l’hiver est assez gai : un peu d’amour, un peu d’étoile,

Un souvenir qui se dévoile Lorsque le coeur est fatigué…

Chez nous, l’hiver est assez gai .

Chez nous, l’hiver n’a point d’alarme : Un peu de rêve, un peu d’espoir,

Un peu de spleen parmi le soir, Un peu de joie, un peu de charme…

Chez nous, l’hiver n’a point d’alarme.

Chez nous, pas de ruisseau de glace, Ni de grésil, ni de frimas.

Pas de brise mortelle et pas De sol gelé. L’hiver se passe

Chez nous sans que le coeur se glace.

Mais si le ciel est inquiet, S’il pleut parfois sur la bruyère

Comme parmi la ville entière, Le coeur aussi pleure en secret…

Parfois le ciel est inquiet…

L’hiver malgache, il faut le dire, Est le plus doux, le plus charmant,

Lui seul, il garde à tout moment, Dans la tristesse ou le délire,

Son éternel petit sourire.

Poésie d’Elie-Charles ABRAHAM

Le poète Elie-Charles ABRAHAM a publié trois plaquettes de vers : Les Saisons de mon coeur (1940), Tananarive (1946) et Flux et Reflux (1949).

Ce poème est extrait de "LES POETES MALGACHES d’expression française" de Régis RAJEMISA-RAOLISON